
Comprendre le VIH aujourd’hui
Quand on entend parler du VIH, on pense encore parfois à une maladie très grave, telle qu’on la connaissait il y a plusieurs décennies.
Pourtant, les choses ont énormément changé.
Aujourd’hui, grâce aux traitements, vivre avec le VIH est une réalité très différente. Une personne qui découvre sa séropositivité peut être accompagnée, commencer un traitement et continuer à vivre, travailler, aimer, avoir des projets et construire son avenir.
Mais pour bien comprendre le VIH, commençons par quelques explications simples.
Le VIH, c’est quoi ?
Le VIH, c’est le virus de l’immunodéficience humaine.
Il s’attaque principalement aux cellules qui permettent à notre organisme de se défendre contre les infections, notamment les lymphocytes CD4.
Sans traitement, le virus peut progressivement affaiblir le système immunitaire. Mais aujourd’hui, les traitements antirétroviraux permettent de bloquer sa multiplication et de protéger les défenses de l’organisme.
Et il y a une distinction importante à connaître :
VIH et sida, ce n’est pas la même chose.
VIH et sida : quelle différence ?
Le VIH est le virus.
Le sida, ou syndrome d’immunodéficience acquise, correspond à un stade avancé de l’infection par le VIH. À ce stade, le système immunitaire est fortement affaibli et certaines infections ou maladies peuvent apparaître. Une personne peut donc vivre avec le VIH sans avoir le sida.
Aujourd’hui, lorsqu’une personne est diagnostiquée et bénéficie d’un traitement et d’un suivi adaptés, l’objectif est justement d’empêcher le virus d’affaiblir le système immunitaire et d’éviter l’évolution vers le sida.
Le traitement : que se passe-t-il après le diagnostic ?
Lorsqu’une personne apprend qu’elle vit avec le VIH, un traitement antirétroviral lui est généralement proposé.
Ces médicaments ne font pas disparaître complètement le virus de l’organisme. Ils empêchent surtout le VIH de se multiplier.
Petit à petit, la quantité de virus présente dans le sang diminue.
Cette quantité est appelée la charge virale.
Lorsque le virus devient tellement peu nombreux qu’il n’est plus détectable par les examens utilisés, on parle de charge virale indétectable.
Au bout de combien de temps devient-on indétectable ?
Il n’existe pas un délai identique pour tout le monde.
Chez beaucoup de personnes, la charge virale diminue fortement au cours des premières semaines et des premiers mois de traitement.
L’objectif est généralement d’obtenir une charge virale indétectable dans les premiers mois. Le délai dépend notamment de la charge virale de départ, du traitement utilisé et de la manière dont l’organisme répond au traitement.
C’est pourquoi les analyses de sang et le suivi médical sont importants : seul le suivi permet de savoir si la charge virale est devenue indétectable.
Il ne faut donc pas considérer qu’une personne est immédiatement indétectable dès qu’elle commence son traitement.
Indétectable = Intransmissible
C’est l’une des informations les plus importantes à connaître sur le VIH aujourd’hui.
Lorsqu’une personne vivant avec le VIH prend efficacement son traitement et maintient une charge virale durablement indétectable, elle ne transmet pas le VIH lors des rapports sexuels.
C’est ce que l’on appelle :
I = I : Indétectable = Intransmissible.
Cette avancée a profondément changé la vie des personnes vivant avec le VIH.
Elle permet aussi de lutter contre une idée encore très présente : celle selon laquelle une personne vivant avec le VIH serait forcément contagieuse dans la vie quotidienne.
Comment le VIH se transmet-il ?
Le VIH peut se transmettre lorsque certains liquides corporels contenant le virus entrent en contact avec l’organisme d’une autre personne.
Les principales voies de transmission sont la voie sexuelle, la voie sanguine et la transmission de la mère à l’enfant.
Par voie sexuelle
Le VIH peut se transmettre lors de rapports sexuels présentant un risque d’exposition au virus, notamment lors de rapports vaginaux ou anaux sans protection adaptée.
Le risque peut être plus important lorsqu’il existe des lésions ou certaines infections sexuellement transmissibles.
Pour le sexe oral, le risque de transmission du VIH est beaucoup plus faible que pour les rapports vaginaux ou anaux, mais certaines situations peuvent néanmoins présenter un risque.
Et surtout, rappelons-le :
Une personne vivant avec le VIH, sous traitement efficace et ayant une charge virale durablement indétectable, ne transmet pas le VIH lors des rapports sexuels.
Par le sang : concrètement, ça veut dire quoi ?
Quand on dit que le VIH peut se transmettre par le sang, cela ne signifie pas qu’il suffit de toucher du sang pour être contaminé.
Pour qu’il y ait un risque, il faut que du sang contenant le VIH entre dans l’organisme.
Par exemple, une situation à risque peut se produire lorsque plusieurs personnes partagent une seringue ou une aiguille pour s’injecter une drogue.
Du sang peut rester dans le matériel et être directement introduit dans le sang d’une autre personne.
Une autre situation peut être une blessure accidentelle avec une aiguille ou un instrument contenant du sang infecté et qui n’a pas été correctement stérilisé.
En revanche, toucher du sang avec une peau saine et intacte ne transmet pas le VIH.
Si une personne se coupe et que son sang touche votre main, par exemple, vous ne contractez pas le VIH simplement parce que vous avez touché ce sang.
Le risque est différent si le sang entre en contact avec une plaie ouverte ou une muqueuse, ou s’il est directement introduit dans l’organisme.
De la mère à l’enfant
Une personne vivant avec le VIH peut transmettre le virus à son enfant pendant la grossesse, au moment de l’accouchement ou pendant l’allaitement.
Mais les traitements et le suivi médical permettent aujourd’hui de réduire considérablement le risque de transmission de la mère à l’enfant.
C’est pourquoi l’accès au dépistage, aux soins et aux traitements est particulièrement important pendant la grossesse et après la naissance.
Les recommandations concernant l’allaitement peuvent varier selon les pays et selon l’accès aux traitements et aux solutions de remplacement. Il est donc important que chaque mère vivant avec le VIH puisse être accompagnée par une équipe de santé qui connaît sa situation.
Ce que le VIH ne transmet pas
Il est tout aussi important de savoir comment le VIH ne se transmet pas.
On ne contracte pas le VIH en :
• serrant la main de quelqu’un ;
• faisant un câlin ;
• faisant une bise ;
• partageant un repas ou des couverts ;
• utilisant les mêmes toilettes ;
• vivant sous le même toit ;
• partageant une piscine ;
• toussant ou éternuant ;
• partageant un verre ;
• étant simplement à proximité d’une personne vivant avec le VIH.
Le VIH ne se transmet pas par les contacts ordinaires de la vie quotidienne.
Cette information est essentielle, car la peur et les idées reçues peuvent faire beaucoup de mal aux personnes qui vivent avec le VIH.
Comprendre pour ne plus avoir peur
Comprendre le VIH aujourd’hui, ce n’est donc pas seulement apprendre comment le virus se transmet.
C’est aussi comprendre que les traitements sont efficaces, que la charge virale peut devenir indétectable et qu’une personne vivant avec le VIH peut avoir une vie personnelle, professionnelle, affective et familiale.
C’est comprendre qu’une personne séropositive n’est pas « dangereuse » pour son entourage.
Le VIH est un virus. Ce n’est pas une identité.
Derrière une séropositivité, il y a toujours une personne : quelqu’un qui travaille, qui aime, qui doute, qui fait des projets, qui a une famille, des amis et une histoire.
Aujourd’hui, mieux connaître le VIH, c’est donc à la fois mieux se protéger, mieux accompagner et mieux respecter les personnes qui vivent avec le virus.
Chez EspéranceVie, nous croyons que l’information peut changer les regards.
Comprendre, c’est déjà faire reculer la peur.
S’informer, c’est aussi lutter contre les préjugés.
Et vivre avec le VIH, aujourd’hui, c’est avant tout continuer à vivre.
